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Serah déambulait avec l’allure d’un zombie, elle aurait sûrement dû dormir. Enfin, c’est ce qu’elle avait dit. Mais elle avait évidemment un projet en cours. Donc le repos, pas ce soir. Non. Sa destination ? Les ponts inférieurs de l'ISS-New Hope. Plus précisément, le centre d’arme et de réparation, où résidait cette merveille de technologie que l’on avait pas trop bien baptiser “l’énorme canon à tir électro-plasmique”.
- Qui a besoin d'un lit quand un chef-d’œuvre attend d’être manipulé ? murmura-t-elle en mordillant une sucette à la fraise.
Ses pas résonnait sur le métal froid des couloirs. Quelques techniciens croisés en chemin lui lancèrent des regards surpris, mais personne n’osait vraiment l’arrêter. Serah était connue pour son mélange d’efficacité brillante et de foli. La contrarier était un risque que peu étaient prêts à prendre.
Une fois dans le centre d’arme, elle s’arrêta un instant, savourant la vision de l’équipement devant elle. Le canon électro-plasmique, encore tout froid, semblait attendre son heure de gloire.
- Salut, toi. T’as envie de jouer, hein ? Moi aussi…
Elle fit craquer ses doigts, puis ajustait ses lunettes de protection sur son front et plongea dans l'action. D’abord, il fallait s’assurer que l’engin soit pleinement chargé avant que l’ISS-New Hope ait parcouru les deux tiers de son trajet. Elle pianota sur les consoles avec une aisance quasi insolente pour la technologie, évitant les protocoles de sécurité habituels.
- Tsss, qui a besoin de ces barrières bureaucratiques ? Pas toi, c’est sûr. Une alerte rouge clignota brièvement à l’écran, mais elle l'ignore d’un geste dédaigneux.
À trente minutes du point crucial, elle sortit un disque soigneusement rangé dans l’une de ses poches. Ce disque n’était pas un simple gadget. Non, c’était une petite merveille de piraterie technologique, portant la signature électromagnétique d’un imposant vaisseau circulant dans l’orbite hors de leur système et à l'occurrence dans cette même direction.
- Si tu savais combien de nuits blanches j’ai passées à peaufiner ton programme… Bon, techniquement, ce n’était qu'une ou deux heures de café et de sucettes, mais ça compte ! marmonna-t-elle avec un sourire fier.
Elle connecta le disque à l’ordinateur principal et lançait le téléversement de ses données dans la capsule géante préparée pour le tir. Le processus était délicat et chaque seconde était précieuse. Serah parlait tout haut, comme si le canon était un collègue nerveux qu’elle devait rassurer.
- Allez, mon grand, ça va bien se passer. Pas d’éclatements ni d’explosions inutiles, d’accord ? On vise entre Bliza et l’une de ses trois lunes. Tu comprends ? Parfait. On fait ça pour la science. Et un peu pour le fun. Sans compter qu’on attire un mastodonte spatial vers rien du tout, mais ça compte, Okay?
Quinze minutes avant l’échéance, tout était prêt. Elle activa les commandes pour déployer le canon. Les mécanismes se mirent en route dans un grondement sourd et mélodieux, à ses oreilles au moins. Le canon s’étira, adoptant une posture imposante, prêt à cracher son énergie concentrée vers l’au delà.
Serah s’adossa brièvement à une rambarde, elle semblait observer son travail avec un sourire satisfait. Puis elle consulta rapidement son chronomètre. Tout s’alignait parfaitement.
- Temps parfait, mise en place parfaite et pas une seule personne pour m’engueuler encore. Je crois que je deviens trop bonne pour cette équipe. Pas vrai Mr. Plasmabulique?
Oui, elle venait nommée le canon, comme une gamine nomme une nouvelle poupée. Elle croqua dans sa sucette, savourant ce moment de triomphe. Quand elle appuya sur le bouton de tir, le centre d’arme trembla sous l’impact de l’énergie libérée. La capsule fusa dans l’espace, exactement entre la planète Blizzard et l’une de ses trois lunes, comme prévu. Le calcul était précis. L'attraction gravitationnel de Bliza et celle de l’une de ces trois lune créait une sorte d’effet de slingshot qui propulserait la balise à une vitesse équivalente à celle d’un vaisseau. Serah poussa un cri de victoire tout levant les bras comme une enfant qui venait de réussir un tour spectaculaire.
Elle se retourna, s'adressant au vide comme si le vaisseau lui-même était son public.
- Voilà ! Et à ceux qui disaient que c’était impossible, je vous dis “ Allez donc me bricoler une cafetière pendant que les adultes travaillent” .
Ce soir, elle venait de franchir cette frontière entre génie et folie avec une grâce presque insolente. Serah sortait du centre cherchant un coin pour un coin pour s'y posé. Tout en quittant la pièces elle marmonait pour elle-même.
( Il faut trop je raconte tout ça à Red Eye. )