Cid sentit une étrange chaleur se propager dans son corps lorsqu'il prit le gant. La matière douce au toucher mais étonnamment résistante, semblait presque vivante, comme si elle réagissait à sa propre énergie intérieure. Un éclat subtil irradia de sa paume lorsqu’il le serra et il sentait que sa propre magie était stimulée, comme si un flux invisible de force nouvelle circulait à travers ses veines. Il n’avait jamais rien ressenti de tel auparavant. Le regard de Cielesta empli d’une lumière à la fois protectrice et déterminée se posa sur lui. Il savait qu'il avait pris la bonne décision. Une légère brise traversa l’espace clos du temple et le silence se fit plus lourd. Chaque mouvement semblait suspendu dans l’air comme si le temps lui-même attendait la prochaine action.
— Ce gant… murmura Cid en observant la texture luisante et vibrante. Il est fait d'une matière que je ne connais pas. Est-ce toi qui l'as créé ?
Cid leva les yeux vers Cielesta, ses pensées se bousculant. L’idée d’avancer dans l’obscurité, d’être guidé par cette énigmatique entité de lumière, lui semblait aussi excitante que terrifiante. Mais il savait au fond de lui qu'il n’avait pas d'autre choix. Le destin l’avait mené ici et il ne reculerait pas. Le mage se tourna à nouveau vers le mur, où les runes s’étaient entrelacées pour former un cercle mystique. Le trou dans le mur s’élargissait lentement, mais rien de visible ne se montrait encore. Le brouillard s’épaississait autour de lui, et les ombres semblaient danser dans les coins de la salle, prenant des formes fugitives comme si elles étaient vivantes.
Sans dire un mot, Cid fit un léger mouvement de la main, comme s'il incitait Cielesta à avancer. Son regard se fit plus intense, comme si le mage voyait au-delà de ce que lui pouvait percevoir. Le mage avança vers l’ouverture grandissante dans le mur. L’air autour semblait vibrer, résonnant d'une énergie ancienne et puissante. Le bruit du sol se craquelant, des murs se déformant sous l'effet de la magie, était presque hypnotique. Mais derrière ce bruit, il y avait une autre vibration, une présence invisible qui semblait observer chaque mouvement. Un souffle froid effleura le dos de Cid, un avertissement silencieux.
Ce dernier s’arrêta un instant et tourna son regard vers lui. Une lueur passagère d’inquiétude effleura ses yeux, mais elle resta silencieuse. Le choix qu’ils avaient fait n’était pas sans conséquence. Le brouillard s’épaississait, se condensant en formes de plus en plus précises, des silhouettes qui se dessinaient dans la brume comme des spectres qui attendaient patiemment d’être libérés.
Le cœur de Cid battait la chamade. La porte s’ouvrait et il s’avançait. Mais l’incertitude, cette vieille amie qu’il connaissait bien, le tenait toujours fermement dans ses griffes. Il n’avait d'autre choix que de marcher en avant, mais à chaque pas, il se demandait si la quête pour le savoir ne les mènerait pas dans l’abîme. Cid franchisa le seuil en premier, pénétrant dans l’obscurité. La lumière de Cielesta immatérielle et éclatante éclairait le chemin. Derrière lui, le brouillard s’intensifiait. Les symboles sur les murs, à la lueur de leur présence, semblaient se mouvoir, s'étirer comme des tentacules mystérieux, attendant qu’ils les comprennent. Puis, au loin, une lumière plus forte se fit sentir, comme un phare perdu dans la brume. Cid sentit un frisson courir le long de sa colonne vertébrale.
Il n’était pas seul dans ce temple. Une présence plus ancienne, plus profonde, les observait. Il prit une grande inspiration. Cette quête ne faisait que commencer. Mais un doute aussi ténu soit-il, le rongeait : Et si ce temple n'était pas simplement un lieu de savoir, mais une prison ? Cid avança d'un pas hésitant, mais déterminé. Son regard scrutait l’obscurité devant lui, le gant protecteur fermement en place et une étrange énergie semblait vibrer sous sa peau, le poussant à avancer malgré l'incertitude qui pesait sur son esprit. Il toucha le mur du bout des doigts, frôlant les runes qui se mouvaient légèrement sous sa main, comme des vagues invisibles. Chaque symbole semblait lui murmurer quelque chose, mais il ne parvenait pas à saisir le sens exact. Ses sens étaient en alerte, attentifs à tout mouvement, à toute vibration.
Il fit une pause, ses yeux se posant sur le sol devant lui, où une légère brume commençait à s'étendre. Les pierres sous ses pieds semblaient plus froides et un frisson parcourut son échine lorsqu'il sentit une pression invisible qui s'intensifiait à chaque respiration. Cid inspira profondément et continua d’avancer, son pied effleurant délicatement le sol comme s’il marchait sur du verre fragile.
Au fur et à mesure qu’il s’enfonçait dans l’obscurité, ses pas résonnaient faiblement, se mêlant à des sons sourds et indistincts venant des profondeurs du temple. Une vibration, presque imperceptible, se fit ressentir sous ses pieds, comme un écho d'une magie ancienne, un bourdonnement qui augmentait en intensité à chaque seconde. Il s'arrêta de nouveau, levant la tête pour observer les symboles au-dessus de lui. Il étudia attentivement chaque détail, chaque courbe, chaque ligne. Quelque chose semblait changer dans l’atmosphère. Les runes, d'abord fixes, semblaient se déformer, se plier sous une pression invisible. Cid ferma les yeux un instant, se concentrant. Une vague de chaleur l’envahit, l'énergie du gant se synchronisant avec la magie autour de lui. Il effleura de nouveau les symboles, cherchant à déchiffrer ce qui échappait encore à sa compréhension.
Il sentit soudain une résistance sous ses doigts, une sorte de vibration forte, comme une clé tournant dans une serrure. Un frisson parcourut son corps. Il avait trouvé quelque chose. Mais avant qu’il n’ait eu le temps de réagir, une secousse brutale secoua les pierres du sol et un souffle glacé lui effleura la nuque. Cid se retourna brusquement, mais tout ce qu'il aperçut était le brouillard épais qui se refermait derrière lui. Il pouvait encore sentir la présence de Cielesta, cette lumière omniprésente, mais il savait qu'il ne pouvait pas se permettre de perdre sa concentration. Il se tourna de nouveau vers le chemin devant lui, posant un pied devant l'autre, chaque mouvement plus déterminé que le précédent. Son regard se fixa sur un point dans l’obscurité, un éclat brillant, comme une étoile perdue, qui semblait l’attirer. Le mage prit un autre pas. Puis un autre. Sa main glissa le long du mur, et il ressentit une sensation étrange, comme si la roche elle-même se mouvait sous son toucher. À chaque nouvelle étape, il sentait son corps réagir à l'appel du temple et la magie qui circulait dans l’air le portait, mais il restait sur le qui-vive.
Soudain, un bruit sourd, comme un grondement secoua les fondations du temple. Cid s'immobilisa, le souffle court. Le sol trembla sous ses pieds, les pierres craquèrent et l'air autour de lui sembla se densifier, se comprimer comme si une pression invisible pesait sur lui. Les symboles sur les murs se déformaient de plus en plus prenant des formes grotesques et menaçantes. Le souffle glacé qu'il avait senti plus tôt se fit plus intense et une étrange brume noire lourde et putride commença à s'échapper des fissures du sol. Cid serra le gant, le cœur battant à tout rompre. Le temple était vivant. Une présence ancienne et malveillante semblait s'éveiller dans l'ombre. Il tourna la tête en cherchant des réponses dans les yeux de Cielesta, mais la lumière qui émanait d'elle semblait vaciller sous la pression. Une grande cloche de métal résonna quelque part dans la profondeur du temple, son tintement lourd et sinistre répercutant dans l'air étouffant. Ce son… il avait l’impression que chaque vibration traversait ses os.
-Cielesta...Dit-il d'une voix tremblante
Cid serra les dents. Il n’avait jamais cru aux légendes racontées sur les anciens temples oubliées, mais ici, face à l’inconnu, il n’en doutait plus. Il sentit que le gant réagissait à l’intensification de la magie, une chaleur se diffusant à travers ses bras, ses mains, ses doigts. Comme si l’objet lui-même était un catalyseur, prêt à libérer une force colossale. Le sol devant lui commença à se déformer, les pierres se soulevant et se déplaçant, formant des formes grotesques, des créatures d’ombres mouvantes, comme des serpents de pierre. Ces formes prenaient vie, se tordaient et s’étiraient vers le mage. Un cri perça l’air. Une silhouette humanoïde, entièrement recouverte de brume noire, se matérialisa devant Cielesta, émergeant du sol dans un souffle glacial. Sa silhouette était vague, presque translucide, mais la présence qui émanait d'elle était palpable et oppressante. Ses yeux étaient deux éclats de lumière rouge, brillants comme des braises incandescentes.
-Votre chemin s'arrête ici, mortelles...Dit la créature d’une voix qui semblait être mille voix en une.
Cid recula d’un pas, sentant la présence malfaisante se rapprocher. Il serra les dents et se redressa. La chaleur dans ses mains devenait presque insupportable, mais c’était une chaleur qu’il ne pouvait ignorer, une énergie qu’il ne pouvait pas laisser s’éteindre. Ses yeux se fixèrent sur la silhouette qui se dessinait devant Cielesta.
-Cielesta...lança Cid sans quitter la créature des yeux, est-ce que tu peux…
Mais avant qu’il n’ait pu terminer sa phrase, la silhouette se déforma brutalement et un cri strident presque irréel déchira le silence. Des tentacules d’ombre se tendirent vers Cielesta et vers Cid. Le mage dégaina son épée immédiatement et frappant les tentacules d’un coup circulaire. La créature hurla se tordant, mais elle ne s’effondra pas. Les tentacules se régénéraient, se reformant sous une nouvelle forme.